> Gestion des déchets en entreprise - 7 Conseils pour réduire et valoriser
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Comment réduire la production de déchets en entreprise ?

Réduire et valoriser ses déchets en entreprise passe par 7 actions concrètes : diagnostiquer ses flux, revoir ses achats, dématérialiser, optimiser le tri, favoriser le réemploi, composter les biodéchets et explorer la valorisation énergétique. Une démarche à la fois réglementaire et stratégique, qui réduit les coûts et renforce la crédibilité RSE de l'entreprise.

📑 Sommaire

 

7 conseils pour réduire et valoriser ses déchets

1. Commencer par un diagnostic de ses flux

Avant d'agir, il faut savoir ce que l'on produit. Un audit simple des flux de déchets (nature, volumes, prestataires, coûts) fournit la photographie de départ indispensable pour prioriser les actions. L'ADEME met à disposition des outils gratuits pour réaliser ce diagnostic, dont le Diag Éco-Flux pour les entreprises de 20 à 250 salariés.

 

2. Revoir sa politique d'achat

Le meilleur déchet est celui qu'on ne produit pas. Privilégier les achats en gros conditionnement ou en vrac, remplacer les consommables jetables par des équipements réutilisables (mugs, carafes, vaisselle de bureau), acheter du matériel d'occasion plutôt que du neuf : ces choix réduisent les déchets à la source, souvent avec un impact économique positif à court terme.

 

3. Dématérialiser pour réduire les déchets papier

Le papier représente une part importante des déchets de bureau. Limiter les impressions, paramétrer les imprimantes en recto-verso par défaut, favoriser la signature électronique et l'archivage numérique sont des actions simples à déployer à grande échelle. Selon l'ADEME, un salarié de bureau produit en moyenne 130 kg de déchets par an sur son lieu de travail, dont une part significative est liée au papier (ADEME).

 

4. Mettre en place un tri sélectif adapté aux espaces

Un tri efficace repose sur des équipements bien adaptés : corbeilles colorées avec consignes visuelles en bureaux, conteneurs compartimentés en ateliers, zones dédiées aux déchets dangereux. La signalétique claire et l'accessibilité des points de collecte sont les deux facteurs qui déterminent le plus le taux d'adhésion des équipes.

 

5. Favoriser le réemploi avant le recyclage

Avant de jeter, la question à se poser systématiquement est : ce matériel peut-il être réparé, reconditionné, donné ou revendu ? Le mobilier de bureau, le matériel informatique et les équipements professionnels ont souvent une seconde vie via des filières spécialisées. Le recyclage des déchets électroniques en particulier mérite une attention particulière : ordinateurs, écrans et serveurs contiennent des composants réutilisables et des métaux précieux récupérables par des filières agréées.

 

6. Composter les biodéchets

Depuis 2024, le tri des biodéchets est obligatoire. Au-delà de la conformité, mettre en place un dispositif de compostage en entreprise (individuel ou partagé avec d'autres structures) permet de valoriser ces déchets en amendement organique à faible coût. Pour les entreprises de restauration ou de restauration collective, cette démarche peut représenter des économies significatives sur les coûts d'élimination.

 

7. Explorer les filières de valorisation énergétique pour les déchets non recyclables

Certains déchets ne peuvent pas être recyclés matière. La valorisation énergétique permet de les transformer en énergie (chaleur, électricité ou biogaz via la méthanisation), réduisant ainsi la dépendance aux sources d'énergie traditionnelles. Cette option est particulièrement pertinente pour les entreprises industrielles ou agroalimentaires générant des volumes importants de déchets organiques non recyclables.

 

Ces actions s'inscrivent naturellement dans une stratégie de transition écologique et RSE, que la CCIAMP accompagne à travers plusieurs dispositifs adaptés aux entreprises du territoire.

 

Pourquoi la gestion des déchets est devenue stratégique

Portée par la loi AGEC de 2020, la réglementation impose désormais de nouvelles obligations de tri et de valorisation à toutes les structures. Loin d'être une simple contrainte légale, cette démarche structurée devient un levier de performance aux bénéfices concrets :

  • Réduction des coûts : moins de déchets produits signifie moins de frais d'élimination, de stockage et de transport. Un tri efficace ouvre l'accès à des filières de valorisation moins coûteuses que l'enfouissement
  • Image et attractivité : collaborateurs et clients sont de plus en plus attentifs aux engagements environnementaux concrets. Une politique visible de réduction des déchets renforce la marque employeur et la crédibilité RSE
  • Anticipation réglementaire : les obligations évoluent régulièrement et dans un seul sens. S'organiser en amont évite les mises en conformité coûteuses et précipitées

 

Ce que la réglementation impose

Avant de mettre en place des actions, il est essentiel de connaître le cadre légal applicable à votre entreprise.

 

Le tri 7 flux. Toutes les entreprises faisant appel à un prestataire privé pour l'enlèvement de leurs déchets, ou produisant plus de 1 100 litres par semaine, sont tenues de trier à la source 7 catégories : 

  • Papier-carton
  • Métal
  • Plastique
  • Verre
  • Bois
  • déchets de fraction minérale 
  • plâtre

 

Le tri des biodéchets. Depuis le 1er janvier 2024, le tri à la source des biodéchets est obligatoire pour toutes les structures, quelle que soit leur taille.

 

Les déchets dangereux. Solvants, peintures, huiles usagées, chiffons souillés : ces déchets doivent être identifiés, stockés séparément et faire l'objet d'une traçabilité via un registre dédié. Le non-respect de ces obligations expose à des amendes pouvant atteindre 750 000 euros.

 

La responsabilité élargie du producteur (REP). Pour certaines filières (équipements électroniques, emballages, textiles), les producteurs sont tenus de financer ou d'organiser la fin de vie de leurs produits via des éco-organismes agréés.

 

Impliquer ses équipes dans la durée

Une politique de réduction des déchets ne peut fonctionner sans l'adhésion des collaborateurs. Les dirigeants qui obtiennent les meilleurs résultats sont ceux qui font de la démarche un projet collectif, pas une contrainte imposée d'en haut.

 

Quelques leviers d'engagement éprouvés :

  • Désigner un référent déchets par site ou par service, chargé de relayer les consignes, de faire remonter les difficultés terrain et de suivre les indicateurs
  • Rendre les résultats visibles : afficher les volumes triés, les économies réalisées ou les tonnes de CO2 évitées. Ce qui est mesuré et partagé mobilise davantage que ce qui reste invisible
  • Former et sensibiliser régulièrement : une formation initiale ne suffit pas. Des rappels réguliers, des ateliers pratiques ou des campagnes internes maintiennent l'engagement sur le long terme
  • Valoriser les initiatives : reconnaître les équipes qui progressent le plus renforce la dynamique collective et donne envie aux autres de suivre

 

Pour les entreprises souhaitant aller plus loin et évaluer l'ensemble de leurs pratiques environnementales, le diagnostic RSE proposé par la CCIAMP permet d'identifier les priorités d'action au-delà de la seule gestion des déchets.

 

Questions fréquentes

Mon entreprise est-elle obligée de trier ses déchets ?

Oui, dans la quasi-totalité des cas. Toutes les entreprises faisant appel à un prestataire privé pour leurs déchets, ou produisant plus de 1 100 litres par semaine, sont soumises au tri obligatoire des 7 flux. Le tri des biodéchets est en outre obligatoire pour toutes les structures depuis le 1er janvier 2024, quelle que soit leur taille (loi AGEC).

 

Quelles sanctions en cas de non-respect ?

Pour les déchets dangereux, le non-respect des obligations de gestion et de traçabilité peut entraîner des amendes allant jusqu'à 750 000 euros et des peines d'emprisonnement. Pour les obligations de tri, les contrôles se sont intensifiés et les mises en demeure sont de plus en plus fréquentes.

 

Comment financer sa démarche de réduction des déchets ?

L'ADEME propose des aides financières via sa plateforme "Agir pour la transition", notamment pour les diagnostics et les investissements liés à la valorisation des déchets. Bpifrance accompagne également les PME dans leurs projets de transition écologique via le dispositif Diag Décarbon'Action. Certaines régions disposent en outre de fonds spécifiques pour l'économie circulaire.

 

Quelle différence entre recyclage et valorisation énergétique ?

Le recyclage matière consiste à transformer un déchet en une nouvelle matière première utilisable dans un nouveau cycle de production. La valorisation énergétique consiste à transformer des déchets non recyclables en énergie (chaleur, électricité ou biogaz). La hiérarchie réglementaire privilégie le recyclage matière sur la valorisation énergétique, elle-même préférable à l'élimination en décharge.