Réduire sa facture d'énergie dans un commerce passe avant tout par trois postes : l'éclairage, le chauffage et les appareils en veille. Programmer le chauffage, passer aux LED et éteindre les veilles en fin de journée sont des gestes sans investissement à fort impact. Pour les commerces alimentaires, l'ADEME recommande aussi d'installer des portes sur les meubles frigorifiques ouverts.
📑 Sommaire
Quels postes pèsent le plus sur votre facture ?
Avant d'agir, il est utile de comprendre comment se répartit la consommation dans un commerce. Selon les données disponibles par secteur, les principaux postes sont les suivants :
- L'éclairage
- Le chauffage
- La ventilation et la climatisation
- Le froid alimentaire
La répartition varie fortement selon l'activité. Une boulangerie n'a pas le même profil énergétique qu'une agence immobilière. Mais dans tous les cas, éclairage, chauffage et veilles d'équipements constituent des gisements d'économies accessibles sans délai.
La maîtrise de ces postes s'inscrit naturellement dans une démarche d'économie circulaire en entreprise : consommer moins de ressources, c'est à la fois réduire ses charges et améliorer son impact environnemental.
Éclairage : le levier le plus rapide
L'éclairage est à la fois le poste le plus visible pour la clientèle et l'un des plus simples à optimiser. Le passage aux ampoules LED est le geste de base incontournable : elles consomment jusqu'à 75 % d'énergie en moins qu'une ampoule classique à luminosité équivalente, avec une durée de vie nettement plus longue (ADEME).
Au-delà du remplacement des ampoules, plusieurs réglages simples permettent de réduire la consommation sans impacter le confort des clients :
- Installer des détecteurs de présence dans les zones annexes (réserves, vestiaires, sanitaires)
- Programmer l'extinction automatique de l'éclairage vitrine et enseigne à la fermeture
- Profiter au maximum de la lumière naturelle en dégageant les vitrages des obstacles inutiles
- Éteindre systématiquement l'éclairage intérieur la nuit, y compris les éclairages décoratifs
Réduire l'éclairage extérieur des bâtiments et l'éteindre au plus tard à 1h du matin est d'ailleurs une obligation réglementaire pour les commerces (ecologie.gouv.fr). Ce geste à coût zéro contribue directement à alléger la facture.
Chauffage et climatisation : régler plutôt que réduire
Le chauffage est souvent le poste qui recèle le plus de gaspillage invisible. La règle de base est simple : baisser la température de consigne d'1 °C, c'est économiser 7 % sur la facture de chauffage (ADEME).
Les températures recommandées pour un commerce sont les suivantes :
- 19 °C dans les espaces accueillant la clientèle
- 16 °C hors heures d'ouverture
- 8 °C si le local est inoccupé plus de deux jours
La programmation horaire du chauffage est l'action la plus rentable à court terme. Un simple thermostat programmable permet d'automatiser les plages horaires et d'éliminer les oublis. Pour la climatisation, l'ADEME recommande de ne pas descendre en dessous de 26 °C en été et de respecter un écart de 6 °C maximum avec la température extérieure.
Ces actions concrètes font partie des défis proposés dans le cadre du dispositif Éco-Défis, qui accompagne les commerçants et artisans sur 4 à 6 mois pour mettre en oeuvre des engagements environnementaux valorisés par un label affiché en vitrine.
Froid alimentaire et équipements spécifiques
Pour les commerces alimentaires, le froid constitue souvent le premier poste de dépense énergétique. Des actions simples de maintenance permettent pourtant de limiter la surconsommation :
- Dégivrer régulièrement les équipements frigorifiques : une couche de givre de 3 mm suffit à augmenter significativement la consommation
- Vérifier régulièrement l'étanchéité des joints de portes et vitrines réfrigérées
- Installer des portes sur les meubles frigorifiques ouverts : l'ADEME recommande explicitement cette action dans ses fiches de sobriété pour les commerces alimentaires (agirpourlatransition.ademe.fr)
- Ne pas placer les équipements frigorifiques à proximité de sources de chaleur (fours, radiateurs, exposition solaire directe)
Lors du renouvellement d'un équipement, l'étiquette énergie est le premier critère à consulter. Depuis 2021, l'échelle va de G à A. Un équipement bien classé consomme significativement moins qu'un modèle ancien à performance équivalente (economie.gouv.fr).
Les gestes du quotidien qui font la différence
Au-delà des équipements, les comportements de l'équipe jouent un rôle central. Sensibiliser ses collaborateurs aux bons réflexes est un investissement nul en coût, mais à fort impact cumulé.
Voici quelques gestes à ancrer dans les routines :
- Éteindre complètement les équipements informatiques (caisse, écrans, imprimantes...) en fin de journée plutôt que de les laisser en veille : les appareils en veille représentent jusqu'à 10 % de la facture d'électricité (ecologie.gouv.fr)
- Utiliser des multiprises à interrupteur pour couper plusieurs appareils simultanément
- Aérer le local le matin pendant 10 minutes plutôt que de laisser une fenêtre entrouverte toute la journée
- Ne pas surchauffer les zones de stockage ou les espaces non accessibles à la clientèle
Pour les commerçants qui souhaitent aller plus loin dans cette démarche, le programme national Baisse les Watts, piloté par l'ADEME et CCI France, propose gratuitement des outils de suivi de consommation, des fiches pratiques par filière et un accompagnement personnalisé par téléphone (francenum.gouv.fr).
Il constitue un point d'entrée idéal pour structurer une démarche d'efficacité énergétique. Un diagnostic RSE environnemental en entreprise permet ensuite d'objectiver l'ensemble des pratiques environnementales de l'entreprise, dont la consommation énergétique, et d'établir un plan d'action priorisé.
Ces économies d'énergie peuvent également s'inscrire dans une stratégie plus globale d'amélioration de la politique RSE. Agir sur sa consommation énergétique, c'est aussi renforcer son image auprès d'une clientèle de plus en plus attentive aux engagements environnementaux des commerces qu'elle fréquente.
Questions fréquentes
Faut-il obligatoirement investir pour réduire sa facture d'énergie ?
Non. Ajuster les températures, éteindre les veilles et sensibiliser l'équipe ne coûtent rien et peuvent représenter plusieurs centaines d'euros d'économies par an. Les investissements viennent en complément, avec un retour généralement rapide.
Qu'est-ce que le décret tertiaire et concerne-t-il les petits commerces ?
Le décret tertiaire s'applique aux bâtiments de plus de 1 000 m² (ecologie.gouv.fr). La grande majorité des petits commerces n'est pas soumise à cette obligation, mais peut s'en inspirer pour se fixer des objectifs de réduction progressive.
Comment suivre la consommation d'énergie de son commerce ?
L'analyse mensuelle de la facture est le premier outil. Les compteurs communicants Linky (électricité) et Gazpar (gaz) permettent un suivi en temps réel via l'espace client du fournisseur. Le programme Baisse les Watts de l'ADEME propose également un carnet de bord numérique gratuit adapté aux TPE et commerçants.
