L'économie métropolitaine a terminé l'année 2025 sur un constat de redressement léger mais insuffisant pour compenser les difficultés accumulées depuis 2024. Bien que le solde d'opinion sur l'activité présente s'améliore, passant de –27 à –19 points en fin de semestre, une large part des dirigeants (37 %) continue de déclarer une baisse de chiffre d'affaires. Les secteurs du commerce de gros et de l’hôtellerie, des cafés et de la restauration enregistrent un recul marqué de leur activité.
À l'inverse, l'industrie et la construction montrent des signes de stabilisation. Le BTP est porté par une dynamique plus favorable dans le logement et l'achèvement de chantiers. Sur le plan financier, la dégradation est homogène entre les marges, la trésorerie et l'investissement, ce dernier indicateur ayant nettement décroché depuis fin 2024. Malgré ce contexte tendu, la création d'entreprises reste très dynamique avec une croissance de plus de 6 % sur l'année, principalement tirée par les micro-entrepreneurs et les sociétés.
Les défaillances d'entreprises, bien qu'en baisse par rapport à 2024, se maintiennent à un niveau de « sur-défaillances » par rapport à la période pré-Covid, ce qui suggère un maintien des défaillances à un niveau élevé en 2026 et 2027 (logique de rattrapage).
Les prévisions pour le début de l'année 2026 traduisent un climat de stagnation où l'absence de signal clair de reprise incite les chefs d'entreprise à une grande vigilance. Les intentions d'investissement restent orientées à la baisse pour un quart des entreprises, traduisant des arbitrages prudents et le report de nombreux projets.
En matière d'emploi, le solde d'opinion négatif indique principalement des gels de recrutement et des non-remplacements plutôt que des vagues de licenciements massifs. Les carnets de commandes demeurent peu fournis, affectant surtout l'industrie et le commerce de gros. Si une majorité de dirigeants garde confiance dans l'avenir de leur propre structure, l'inquiétude face à la conjoncture nationale et mondiale est très vive. Ce sentiment est renforcé par une demande jugée insuffisante et des tensions de trésorerie qui persistent pour près de 30 % des entreprises.
Le climat des affaires est impacté par l'instabilité politique. Une majorité de dirigeants redoute des conséquences négatives sur la consommation des ménages et la confiance des investisseurs étrangers, certains estimant que ces impacts sont déjà visibles.
À l'international, les tensions en Ukraine et au Moyen-Orient, ainsi que l'imprévisibilité liée à la politique américaine, notamment sur les droits de douane, créent un environnement anxiogène et des craintes directes sur les coûts, l’export et la planification. Sur le plan intérieur, les chefs d'entreprise pointent du doigt le poids des charges, la fiscalité et les réformes sociales comme autant de freins à leur développement.
Parallèlement, la difficulté de logement des salariés émerge comme un obstacle structurel non négligeable. Pour les entreprises concernées, cette problématique nuit fortement au recrutement de nouveaux collaborateurs permanents et pèse sur la fidélisation des équipes déjà en poste, faute de solutions d'habitation accessibles à proximité des lieux de travail.
Les retours des fédérations, groupements professionnels et zones d’activités traduisent une situation sectorielle très hétérogène. Le secteur juridique témoigne d'une intensification des demandes liées à la prévention des difficultés et aux litiges commerciaux, tout en anticipant des besoins croissants en matière de conformité environnementale et numérique.
Le BTP, bien qu'en légère stabilisation, réclame une commande publique exemplaire et des mesures concrètes pour la sécurité des chantiers et la rénovation énergétique. La filière de la propreté est prise en étau entre une activité qui se maintient et une chute brutale de sa trésorerie, aggravée par des retards de paiement en forte hausse. L'industrie chimique traverse une crise durable avec des usines tournant sous leur seuil de rentabilité, exigeant un accès à une énergie bas-carbone compétitive pour préserver ses sites.
Le transport subit également de plein fouet la hausse des coûts et une fatigue morale des équipes, appelant à une meilleure intégration de la logistique dans l'aménagement urbain. Enfin, l'écosystème technologique fait preuve de résilience en privilégiant désormais la rentabilité, tandis que la place portuaire se transforme pour devenir un laboratoire de la décarbonation industrielle.
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La conjoncture métropolitaine
La conjoncture métropolitaine est une enquête semestrielle réalisée par CCI VisionEco, le pôle études de la CCI métropolitaine Aix-Marseille-Provence, auprès de chefs d’entreprise appelés à s'exprimer sur leur activité du semestre, les perspectives et leurs préoccupations. Elle offre une photographie de la santé économique des entreprises du territoire métropolitain. Elle est aussi l’occasion de les sonder sur leur perception de l’image économique de la métropole.
Note de conjoncture réalisée en partenariat avec l’Ordre des Avocats du Barreau de Marseille.