> Comment calculer le Prix de Vente ? Produit ou Prestation
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Déterminer le bon prix de vente

Le prix est l’un des éléments les plus importants de votre stratégie marketing. Trouver le bon prix pour rester attractif tout en maintenant votre rentabilité et votre crédibilité auprès de vos futurs clients est un exercice délicat.

Réussir sa tarification demande d'équilibrer trois piliers : couvrir son coût de revient pour ne jamais vendre à perte, appliquer une marge garantissant la rentabilité, et ajuster son prix selon la valeur perçue par le marché. Que vous vendiez un produit ou un service, la maîtrise de ces indicateurs est la clé pour piloter une entreprise pérenne et compétitive.

📑 Sommaire

 

 

1. Les notions clés du prix juste

Maîtriser le vocabulaire financier est la première étape pour calculer un prix de vente avec taux de marge.

 

Vous devez savoir distinguer ces quatre concepts pour piloter votre rentabilité au mieux :

  • Le coût (ou prix de revient) : Somme des frais nécessaires pour produire une unité. C'est le prix plancher.
  • Le prix de vente (PV) : Montant total facturé au client. Il doit impérativement être supérieur au Coût de Revient.
  • La marge : Écart entre le prix de vente et le coût d'achat (ou de production directe). Elle sert à payer vos frais fixes (loyer, salaires administratifs).
  • Le bénéfice (ou résultat net) : Ce qu'il reste réellement dans votre poche une fois que toutes les charges (directes, indirectes et impôts) ont été payées.

 

Pour la facturation, vous distinguerez :

  • Le prix de vente hors taxe (HT) : Base de calcul de votre rentabilité.
  • Le prix de vente toutes taxes comprises (TTC) : Prix final payé par le client, incluant la TVA.

 

2. Calculer le prix de revient

Pour bien fixer vos tarifs, tout commence par le prix de revient. En clair, c’est ce que votre entreprise dépense réellement pour sortir un produit ou assurer une prestation. Le calculer au plus juste, c'est avant tout vous protéger : c’est votre filet de sécurité pour ne jamais vendre à perte.

 

Définir le prix de revient : la somme des coûts

Le coût de revient est l’addition de deux types de charges. Pour le calculer et garantir un prix plancher réaliste, vous devez intégrer :

  • Les charges directes : Liées directement à l’objet de la vente, elles sont mesurables précisément (matières premières, salaires de production, livraison).
  • Les charges indirectes : Nécessaires à l’activité globale mais difficiles à attribuer directement (loyer, assurances, frais administratifs, marketing). Elles doivent être réparties sur l'ensemble de la production.

 

Formule du coût de revient unitaire (CRU) :

Coût de Revient Unitaire = (Charges Directes + Charges Indirectes) / Nombre d’unités produites

 

Ce résultat donne le prix plancher sous lequel vous ne devez jamais vendre.

 

L'erreur à éviter : ignorer les coûts indirects

Le piège classique pour beaucoup de TPE et auto-entrepreneurs, c'est de se focaliser uniquement sur les coûts variables.

 

Si vous oubliez d'intégrer vos charges indirectes comme le loyer ou le marketing dans vos calculs, vous finirez par vendre à perte sans même vous en rendre compte.

 

En maîtrisant ce coût, vous disposez de la base solide pour votre stratégie de prix sur le long terme.

 

3. La formule de la rentabilité

Une fois que vous avez calculé votre prix de revient, l'étape suivante est de fixer la marge souhaitée. C'est cette marge qui garantira la rentabilité et permettra à votre activité de se développer ! Le prix de vente ne doit pas juste couvrir vos coûts, il doit avant tout rapporter un profit suffisant.

 

Calculer le Taux de Marge et le Prix de Vente HT

Pour fixer le prix de vente hors taxe (HT), la formule est simple, mais nécessite une réflexion sur votre positionnement.

 

Formule du Prix de Vente Hors Taxe (PV HT) :

PV HT = Coût de Revient Unitaire + Marge Nette Souhaitée

 

La marge peut être exprimée en valeur absolue (un montant en euros) ou en pourcentage. Lorsque vous utilisez un pourcentage, deux notions fondamentales sont souvent confondues :

  • Le Taux de Marge : Le pourcentage de profit calculé sur le coût de revient. Utile pour savoir combien de bénéfice vous faites par rapport à ce que coûte le produit.
  • Le Taux de Marque : Le pourcentage de profit calculé sur le prix de vente HT. C'est l’indicateur le plus pertinent pour comparer vos performances avec vos concurrents et garantir votre compétitivité.

 

Pour déterminer un prix de vente à partir du prix d'achat ou de revient, le plus simple est souvent de passer par le taux de marque cible.

 

Formule pour calculer le PV HT à partir du Taux de Marque :

PV HT = Coût de Revient / (1 – Taux de Marque)

 

Par exemple, si votre coût de revient est de 60 € et que vous visez un taux de marque de 40 % (0,4), votre prix de vente HT sera de : 60 / (1 - 0,4) = 100 €.

 

Intégrer la TVA pour obtenir le Prix TTC

Votre prix de vente HT constitue la base de votre rentabilité. Par contre, gardez bien en tête que dès que vous vous adressez à des particuliers, la loi vous impose d'afficher le prix TTC. Autrement dit, n'oubliez pas d'inclure la TVA dans vos tarifs affichés.

 

La TVA est un impôt que vous collectez directement pour le compte de l'État. Pour savoir quel taux appliquer, tout dépend de la nature du bien ou service vendu : dans la majorité des cas, on reste sur le taux standard de 20 %.

 

Formule pour passer du HT au TTC :

PV TTC = PV HT x (1 + Taux de TVA)

 

Si votre PV HT est de 100 € et que le taux de TVA est de 20 % : 100 x (1 + 0,20) = 120 € TTC. Ce dernier montant est celui que le client paiera et qui doit être affiché.

 

4. Produit vs Prestation de service

Bien que la logique de la rentabilité (Coût + Marge = Prix) reste la même, l'approche pour calculer le prix de vente d'un produit est différente de celle d'un service. La nature des coûts directs n'est pas la même.

 

Fixer le prix de vente d'un Produit

Dans la vente de produits, le gros du coût de revient se joue sur l'achat des marchandises, des matières premières et, bien sûr, sur leur transformation. Vous devez rester vigilant sur vos frais de stockage et de logistique, qui peuvent vite grimper. La formule Prix de Vente HT = Coût de Revient + Marge s'applique directement ici. 

 

Pour fixer le bon prix de vente, un calcul de marge vraiment fiable doit intégrer tous les "frais accessoires" dans votre coût de revient unitaire. Mis bout à bout, ils peuvent faire une différence notable :

  • Les frais de transport (même s’ils sont inclus dans le prix d'achat initial).
  • Les frais de dédouanement, le cas échéant.
  • Les coûts liés au conditionnement et à l'emballage.
  • Les pertes et avaries potentielles liées au stock.

 

Fixer son Taux Journalier Moyen (TJM) pour un service

Pour un prestataire (que vous soyez consultant, formateur ou à la tête d’une agence), votre coût de revient est avant tout votre temps et celui de votre équipe. Tout l'enjeu est de parvenir à mettre un prix juste sur chaque heure passée et de s'assurer que vos journées sont réellement rentables. Pour y voir clair, la méthode de référence reste le calcul du Taux Journalier Moyen (TJM).

 

Si vous êtes auto-entrepreneur ou indépendant, pour fixer votre TJM auto-entrepreneur, suivez les étapes suivantes :

  1. Déterminez votre revenu net annuel souhaité pour vivre correctement.
  2. Ajoutez vos charges de fonctionnement (logiciels, assurance, loyer, matériel).
  3. Intégrez les cotisations sociales : En micro-entreprise, le calcul doit se faire sur le CA brut. Multipliez votre besoin (Net + Charges) par environ 1,29 (pour compenser les ~22% de cotisations et l'impôt) afin de ne pas oublier l'État.
  4. Divisez le total par vos "jours facturables" : Attention, on ne facture jamais 20 jours par mois. Entre la prospection, l'administratif et les congés, comptez plutôt 10 à 12 jours facturables par mois.

 

Le TJM obtenu devient votre prix plancher (votre coût de revient journalier).

 

Votre prix de vente final (votre TJM facturé) doit ensuite intégrer une marge pour faire face aux imprévus et vous permettre d'investir.

 

 

5. Le Marketing du prix : l'alignement stratégique

Le prix de vente n'est pas seulement une contrainte comptable, c'est un véritable levier marketing. Une fois que vous avez défini votre prix plancher et la marge visée, vous devez confronter ce chiffre à la réalité du terrain et à la psychologie de vos clients.

 

Posez-vous la question : au-delà des calculs, est-ce que ce prix est compétitif et vraiment aligné avec l’image de marque que vous voulez projeter ?

 

Analyser la concurrence et le marché

Observer la concurrence est essentiel. Le marché fixe une fourchette de prix que le client juge acceptable. Si votre prix est trop éloigné de cette moyenne, vous risquez de vous couper d'une partie de votre clientèle.

 

La veille concurrentielle doit être constante :

  • Évaluez les prix pratiqués pour des produits ou services équivalents.
  • Calculez l'indice de prix moyen de votre secteur pour déterminer votre positionnement relatif.
  • Identifiez les avantages concurrentiels qui justifient potentiellement un prix supérieur.

 

Un positionnement judicieux nécessite une bonne connaissance de l'offre existante. Pour structurer cette analyse, découvrez comment surveiller efficacement vos concurrents et clients.

 

L'approche par la demande : la Valeur Perçue

L'approche par la demande est souvent négligée, alors que c'est justement elle qui permet de sortir de la logique purement comptable. Un client n’hésitera pas à payer plus cher que chez la concurrence s’il a le sentiment que votre offre lui apporte plus. C’est ce qu’on appelle la valeur perçue : elle ne repose pas uniquement sur le produit en lui-même, mais aussi sur tout ce qui l'entoure.

 

Cette valeur peut être renforcée par des éléments immatériels :

  • Qualité de conseil et de service client.
  • Garanties, service après-vente ou offre « satisfait ou remboursé ».
  • Notoriété de la marque ou exclusivité du produit.

 

Si la valeur perçue est élevée, la barrière du prix s'estompe. Les avis clients et les références jouent un rôle majeur dans cette perception. Notez qu'inversement, un prix trop bas peut signaler une mauvaise qualité du produit ou du service.

 

Choisir sa stratégie de prix (Pénétration, Écrémage, Alignement)

Votre prix doit refléter la stratégie globale de votre entreprise. Il existe trois grandes stratégies de prix qui dépendent de vos objectifs à court et long terme :

  • Politique de Pénétration : Fixer un prix initial bas pour gagner rapidement des parts de marché et attirer un grand volume de clients. Utile pour les nouveaux entrants sur des marchés sensibles au prix. Attention, cette stratégie exige de fortes économies d'échelle et peut générer une image bas de gamme.
  • Politique d'Écrémage : Fixer un prix élevé (souvent décorrélé du prix de revient) pour cibler une clientèle de niche ou « premium » à fort pouvoir d’achat. Les marges unitaires sont importantes, les efforts marketing se concentrent sur la qualité et l'exclusivité.
  • Politique d'Alignement : Fixer un prix proche de celui de la concurrence (indice de prix moyen). Cette stratégie est la plus sûre pour s'établir, mais elle ne crée pas d'avantage concurrentiel direct sur le prix.

 

Pour approfondir la cohérence entre votre prix et votre positionnement, consultez notre ressource : comment choisir la bonne stratégie marketing.

 

6. Sécuriser votre rentabilité et anticiper les variations

Un prix de vente bien calculé permet non seulement de réaliser un bénéfice, mais aussi de sécuriser l'avenir de l'entreprise. Voici les deux outils incontournables pour un pilotage financier optimal.

 

L'outil essentiel : le Seuil de Rentabilité

Le Seuil de Rentabilité ou Point Mort est le niveau de Chiffre d'Affaires minimal que votre entreprise doit atteindre pour couvrir l'intégralité de ses charges (fixes et variables).

 

Au-delà de ce point, l'entreprise commence à générer du bénéfice. C'est un indicateur incontournable dans la prise de décision. Une fois ce seuil atteint, chaque vente supplémentaire vient directement augmenter le bénéfice.

 

Calculer une augmentation de prix (Indexation)

Le prix de vente n'est pas figé. L'inflation des matières premières ou des coûts de l'énergie peut parfois vous obliger à calculer une augmentation de prix. L'indexation des tarifs est inévitable, mais elle doit être gérée avec transparence pour ne pas perdre la clientèle.

 

Pour une augmentation de prix réussie :

  • Calculez précisément l'impact de l'augmentation de vos coûts de revient pour déterminer le nouveau prix plancher.
  • Communiquez clairement et en amont avec vos clients en justifiant l'augmentation (inflation, amélioration du service).
  • Évitez une hausse brutale. Il est souvent plus facile d'augmenter légèrement un prix de lancement que de tenter de rattraper un prix trop bas initial.

 

Pour vous aider à déterminer l'impact de vos choix commerciaux, découvrez notre boîte à outils pour booster votre chiffre d'affaires.

 

 

7. Votre prochaine étape vers la maîtrise des prix

Le calcul du prix de vente n'est pas une action ponctuelle, mais une discipline de pilotage stratégique et financier. Pour vous aider à maîtriser votre politique de prix et l’aligner sur vos objectifs de croissance, la CCIAMP vous accompagne.

 

Le principal bénéfice d'une maîtrise complète de la fixation des prix est double :

  • Garantir la rentabilité : En couvrant tous les coûts et en s'assurant une marge saine.
  • Assurer la compétitivité : En ajustant votre offre à la demande et aux prix du marché, tout en justifiant votre valeur ajoutée.

 

Si vous souhaitez aller plus loin dans la structuration de votre offre commerciale, de la tarification à la négociation, découvrez notre formation négociation commerciale et vente.