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1er accélérateur des 146 000 entreprises de la Métropole

Smart Port Day : des innovations pour dessiner le port du futur

Le 18 décembre, au Port Center de Marseille, la CCI Aix-Marseille-Provence (CCIAMP), le Grand Port Maritime de Marseille (GPMM) et Aix-Marseille Université (AMU), coorganisateurs depuis 2017 du Smart Port Challenge, ont dévoilé les avancées des huit solutions explorées depuis un an par les binômes de grands donneurs d’ordres et de start-ups et TPE/PME afin d’améliorer les performances, la fluidité et la traçabilité des trafics de marchandises ou de passagers ainsi que l’empreinte environnementale du Port, à Marseille et Fos et jusque sur l’axe Méditerranée-Rhône-Saône. Pour Jean-Luc Chauvin, président de la CCIAMP, « Chacune des éditions de ce challenge, par les innovations et coopérations qu’il fait émerger, conforte la place de notre port et son attractivité en Méditerranée et en Europe ».
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Lundi 5 janvier 2026

Avec la révélation des preuves de concepts et expérimentations menées depuis octobre 2024 entre les « lanceurs de défis », grands donneurs d’ordres du territoire, et leurs apporteurs de solutions, start-ups et TPE/PME, la 5ème édition du Smart Port Challenge s’est achevée. Mais tout commence pour les uns et les autres afin de les mettre en application et les déployer à plus grande échelle, en montrant que ce qui est né dans les têtes et les tests peut entraîner de réels progrès dans les opérations portuaires et dans les mutations digitales, énergétiques, environnementales du Port de Marseille-Fos...

 

Depuis sa création, ce Challenge a mobilisé 65 acteurs publics et privés porteurs de défis, engendré 40 défis d’innovation et attribué 600 000 euros de dotations aux 42 lauréats sélectionnés pour l’originalité de leurs solutions. Aux côtés des 3 co-fondateurs (CCIAMP, GPMM et AMU), cette dynamique collaborative est soutenue par la Ville de Marseille, la Métropole AMP et la Région Sud.

 

Coopérer pour plus d’efficacité

Pour Hervé Martel, président du directoire du GPMM, le recentrage en 2025 des défis sur des préoccupations privilégiées du port (logistique, industrie, passagers, énergies, numérique) et leur élargissement à l’axe Méditerranée-Rhône-Saône (MeRS) ont abouti à des propositions qui touchent tant à l’opérationnel qu’à des évolutions à long terme. « La démarche a pris de l’ampleur, elle ne s’essouffle pas et toutes les conditions sont réunies pour que ça continue encore plus efficacement ! ».

 

Président d’AMU, Eric Berton se félicite de son côté de la capacité du Smart Port Challenge à mobiliser « l’interdisciplinarité » des formations et recherches de l’Université pour concevoir des technologies concrètes. « Cette approche nous fait prendre de l’avance » assure-t-il, convaincu qu’elle peut inspirer d’autres villes, au vu des collaborations qu’AMU entretient en Europe. 

 

Aux yeux de Jean-Luc Chauvin, la force de l’initiative a été de « toujours évoluer en fonction des besoins d’innovation exprimés pour accélérer les potentialités du territoire ». Elle l’a réédité cette année par ses thématiques avec l’intelligence artificielle ou l’expansion de l’hinterland, ou par ses partenariats, avec l’intégration de la Compagnie Nationale du Rhône (CNR) et de Voies navigables de France (VNF) des acteurs structurants de l’axe MeRS.

 

Des exigences à tous niveaux

Invités à s’exprimer, plusieurs acteurs de l’écosystème industrialo-portuaire ont exposé leurs exigences vis-à-vis d’un Port qui prévoit, dans son nouveau projet stratégique, de tripler son volume d’investissements jusqu’en 2029 par rapport au précédent.

 

« Les clients veulent que le Port soit simple, rapide, efficace, qu’il y ait de la stabilité, de la durabilité, de la productivité et des accès faciles » indique ainsi Stéphanie Le Nir (CMA CGM). Au nom de Corsica Linea, Pierre Mainguy invite le Port à s’inspirer des aéroports et des gares pour fluidifier les parcours des passagers en transit grâce à la digitalisation. « L’embarquement est le moment le plus stressant pour le passager. On peut aller beaucoup plus loin pour améliorer les opérations » dit-il. 

 

L’IA apparaît comme un vecteur d’optimisation des services apportés dans le traitement des marchandises et des passagers, de la mer à la terre et vice-versa, et dans le partage d’informations et de données, au sein de l’écosystème portuaire, pour faciliter l’accomplissement des procédures (identification, douanes…), réduire les temps d’escales, fluidifier les approches dans une sécurité absolue, prédire les mouvements pour mieux réagir à la survenance d’aléas, éviter les encombrements en haute saison… « Marseille Gyptis International veut construire un écosystème digital à la dimension de l’axe MeRS. La seule issue, c’est la consolidation du système en faisant converger les données pour maximiser leur valeur au bénéfice collectif de la place portuaire » explique Maxence Eyraud, son président du directoire.

 

Plus de fluidité pour plus de compétitivité

Les huit tandems du Smart Port Challenge attestent que le mouvement est en marche. Impliqué sur trois défis, le Port de Marseille-Fos a œuvré avec Himydata sur la « réinvention », par l’intégration de l’IA, du logiciel de gestion portuaire Neptune, lancé en 2015. L’analyse, la documentation et la réécriture de plus de 700 000 lignes de codes doit permettre à terme d’automatiser jusqu’à 80% des processus. « On a capitalisé sur le savoir-faire du Port » confie David Bessoudo, fondateur de la société de Sophia Antipolis.

 

A l’égard des passagers, pour améliorer leur transit sur les lignes de Corsica Linea et La Méridionale, l’application GuideMe et son QR Code a été testée sur le terminal international du Cap Janet afin de les aider à s’orienter dans l’enceinte portuaire (contrôles, restauration, toilettes…) et demain les accompagner dès leur réservation jusqu’à leur destination. L’utilisation de ce « Digital Smart Port Pass » s’étendra en 2026. 

 

Juan Pablo Salazar, président de Mktxdatos Europe qui l’a conçue, rêve de pouvoir à l’avenir développer son usage à tous les ferries et navires de croisières. Pharaday s’est investie aux côtés du GPMM et des services aux navires (lamanage, pilotage et remorquage avec Boluda) pour mieux coordonner les intervenants des 25 métiers mobilisés lors d’une escale de bateau à Marseille ou Fos (9 000 par an !). Sa plateforme collaborative « Port Call Workspace » permet à chacun, via un ordinateur, une tablette ou un smartphone, d’y indiquer ce qu’il va faire et d’obtenir une visibilité des actions des autres. Une expérimentation à grande échelle va se mettre en place avec les entreprises volontaires pour y participer. « Le trafic maritime doit s’accroître de 47% dans les 10 ans. Un tel espace peut éviter le risque de congestion » assure Gautier Scherrer, cofondateur de Pharaday.

 

Dans le même esprit, CMA CGM a sollicité DMS Log.AI pour réduire l’impact écologique de la chaîne logistique par la diminution de l’appel à des camions sur l’axe MeRS et l’augmentation du transfert de conteneurs sur des barges ou des trains. « L’objectif est de tripler la part de report modal sur l’axe et de répliquer la solution au niveau européen » énonce Audrey Abrinas de DMS.

 

Aménager et produire plus vert

Les quatre autres solutions concernent l’environnement portuaire. Fidèle du Smart Port Challenge, Synchronicity a planché avec River Connect pour Voies navigables de France sur une logistique du dernier kilomètre combinant transport fluvial et « cyclo-logistique » pour livrer ou collecter des colis.

 

Sélectionnée par la Compagnie Nationale du Rhône, Envisol va contribuer à accélérer les délais de dépollution de friches industrielles et leur revitalisation en foncier économique. « On ramène les laboratoires d’analyses sur le terrain avec un outil miniaturisé de diagnostic à 360° et des algorithmes aident à positionner au mieux les sondages de détection des polluants » détaille Justine Elias pour le bureau d’études.

 

Dans une optique de verdir l’aménagement du territoire, Colas a coopéré avec Source Urbaine sur un dispositif de récupération et stockage des eaux de pluie via un revêtement perméable afin d’irriguer des plantations alentours. Le démonstrateur se découvre à Istres, l’objectif est de réaliser un tel « îlot de fraîcheur » sur le domaine portuaire à Marseille. Quant à Bouygues et son entité Equans, ils ont pris appui sur HACE pour tenter d’exploiter une nouvelle source d’énergie propre en convertissant en électricité les mouvements des vagues, même les plus faibles, le long de la digue à Marseille. Evaluée à 3 centimes à peine le kWh, cette énergie houlomotrice pourrait demain approvisionner des installations portuaires (branchement électrique à quai des navires), des datacenters ou des industries, en complément d’autres. Plusieurs étapes semblent encore nécessaires au déploiement d’un pilote, mais elle pourrait aider le Port à devenir « le leader européen des énergies décarbonées », l’un des buts de son projet stratégique, comme l’a rappelé Sarah Amri, membre de son directoire, en charge des finances, de la stratégie et du système d’information.

 

 

 

 

 

 

 

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