La sobriété énergétique en entreprise consiste à réduire les usages non indispensables avant même d'optimiser les équipements. Pour une TPE ou PME, elle se traduit par des actions concrètes sur l'éclairage, le chauffage, les équipements numériques et l'organisation du travail, sans nécessiter d'investissements lourds. Des dispositifs d'accompagnement gratuits existent, notamment le programme Baisse les Watts de l'ADEME et le Diag Éco-Flux pour les PME.
📑 Sommaire
Sobriété énergétique : de quoi parle-t-on ?
La sobriété énergétique consiste à réduire la consommation d'énergie en s'attaquant au superflu : usages non indispensables, équipements surdimensionnés, comportements énergivores du quotidien. Il s'agit avant tout de consommer moins, pas seulement de consommer mieux.
Dans le cadre du plan national de sobriété lancé en 2022, le gouvernement a fixé un objectif ambitieux de réduction des consommations d’énergie, avec des mesures destinées à inscrire durablement les entreprises dans une trajectoire de sobriété (Ministère de la Transition Écologique).
Les entreprises occupent une place centrale dans la consommation d’énergie en France. Elles ont donc un rôle majeur à jouer dans la réduction des usages superflus et l’optimisation de leurs pratiques.
Sobriété et efficacité énergétique : quelle différence ?
Les deux notions sont complémentaires mais distinctes, et la confusion entre elles est fréquente.
L'efficacité énergétique consiste à produire le même résultat avec moins d'énergie : remplacer un éclairage par des LED, installer un thermostat programmable, rénover l'isolation d'un bâtiment. On ne réduit pas l'usage, on l'optimise techniquement.
La sobriété énergétique va plus loin : elle remet en question les usages eux-mêmes :
- Éteindre des écrans plutôt que de les laisser en veille
- Supprimer des déplacements en voiture remplacés par la visioconférence
- Réduire le temps de préchauffage d'un four professionnel
Autant d'actions qui agissent sur le volume de consommation plutôt que sur son efficacité (ADEME).
En pratique, une démarche efficace combine les deux : la sobriété réduit les besoins, l'efficacité réduit la consommation par unité d'usage. L'une sans l'autre produit des résultats limités.
Pourquoi s'engager, même en TPE ou PME ?
La sobriété énergétique présente des bénéfices concrets qui vont bien au-delà de l'aspect environnemental :
- Réduction directe des charges : la facture énergétique est un poste de coût variable sur lequel des actions simples produisent des effets mesurables dès les premiers mois
- Anticipation réglementaire : Le décret tertiaire impose aux bâtiments tertiaires de plus de 1 000 m² des objectifs progressifs de réduction de leurs consommations d’énergie, ce qui incite les entreprises concernées à engager des actions concrètes de suivi et d’amélioration (ecologie.gouv.fr)
- Attractivité clients et partenaires : les donneurs d'ordre intègrent de plus en plus des critères environnementaux dans leurs appels d'offres
- Marque employeur : les collaborateurs, notamment les plus jeunes, accordent une importance croissante aux engagements environnementaux de leur employeur
La sobriété énergétique s'inscrit également dans une démarche RSE plus large. Elle constitue l'un des piliers d'une politique de responsabilité sociétale des entreprises cohérente, aux côtés de la gestion des déchets, de la mobilité durable ou des relations sociales internes.
Les actions concrètes à mettre en place
L'ADEME distingue plusieurs familles d'actions, toutes accessibles sans investissement lourd pour une petite structure (agirpourlatransition.ademe.fr) :
Éclairage
- Éteindre l'éclairage intérieur lorsque le local est inoccupé
- Passer aux ampoules LED avec gestion automatique en fonction de la présence
- Réduire l'éclairage extérieur et l'éteindre au plus tard à 1h du matin (obligation réglementaire)
Chauffage et climatisation
- Appliquer les consignes de température : 19 °C en heures d'occupation, 16 °C hors occupation, 8 °C si le bâtiment est inoccupé plus de deux jours (ecologie.gouv.fr)
- Programmer le chauffage selon les horaires réels d'activité
- Fermer les portes pour limiter les déperditions thermiques
- Ne pas faire fonctionner la climatisation en dessous de 26 °C en été
Numérique et équipements
- Paramétrer la mise en veille automatique des ordinateurs
- Éteindre complètement les écrans et équipements non utilisés en fin de journée
- Éviter le surdimensionnement des équipements par rapport aux besoins réels
- Utiliser des multiprises à interrupteur pour couper plusieurs appareils simultanément
Mobilité et organisation du travail
C'est le levier le plus souvent sous-estimé par les petites structures. Pourtant, le plan national de sobriété énergétique du gouvernement y attribue une grande importance : regrouper les déplacements, privilégier la visioconférence pour les réunions non essentielles, et envisager le télétravail comme outil de réduction des consommations liées aux bâtiments (economie.gouv.fr).
En cas de tension sur le réseau électrique, les entreprises sont même invitées à mettre en place une organisation en télétravail adaptée.
Pour les commerçants et artisans, l'Éco-Défis des territoires propose un accompagnement structuré sur 4 à 6 mois, avec des défis personnalisés sur l'énergie, les déchets et la responsabilité sociétale, valorisés par un label visible en vitrine.
Construire son plan de sobriété énergétique
Un plan de sobriété énergétique n'a pas besoin d'être complexe pour être efficace. Pour une TPE ou PME, il suit logiquement quatre étapes :
- Mesurer : identifier les principaux postes de consommation à partir des factures et des relevés de compteur
- Prioriser : concentrer les premières actions sur les postes les plus énergivores (chauffage, éclairage, équipements en veille)
- Mobiliser : sensibiliser les collaborateurs, car la sobriété est avant tout un changement de pratiques collectives, présenter la démarche au CSE ou aux représentants du personnel fait partie des engagements du plan national (economie.gouv.fr)
- Suivre : mesurer l'évolution de la consommation mois après mois pour ajuster les actions
Ce cadre rejoint celui d'un diagnostic RSE pour une TPE ou PME : il s'agit dans les deux cas de partir d'un état des lieux objectif pour construire un plan d'actions priorisé et mesurable.
Aides et accompagnements disponibles
Plusieurs dispositifs publics permettent aux entreprises de se faire accompagner sans coût important :
- Le programme Baisse les Watts, piloté par l'ADEME en partenariat avec CCI France, propose gratuitement des outils de suivi de consommation, des fiches pratiques par filière et un accompagnement personnalisé par téléphone
- Le Diag Éco-Flux de l'ADEME, en partenariat avec Bpifrance, accompagne les PME de 20 à 250 salariés dans la réduction de leurs consommations d'énergie, d'eau et de matières (ADEME)
- Les Certificats d'Économies d'Énergie (CEE) permettent de financer une partie des travaux d'efficacité énergétique via les fournisseurs d'énergie (service-public.fr)
- La plateforme Mission Transition Écologique centralise toutes les aides publiques disponibles selon l'activité et la taille de la structure
Pour les commerçants qui souhaitent approfondir les actions liées à la consommation d'énergie dans leur local, découvrez notre ressource dédiée aux économies d'énergie pour les commerces avec des gestes simples pour réduire sa facture.
Pour structurer l'ensemble de la démarche environnementale de l'entreprise au-delà de l'énergie, retrouvez l'ensemble des solutions CCIAMP en transition écologique et RSE.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre sobriété et efficacité énergétique ?
La sobriété réduit les usages eux-mêmes (supprimer des déplacements, éteindre des équipements inutiles). L'efficacité énergétique produit le même résultat avec moins d'énergie (LED, isolation, thermostat). Les deux sont complémentaires.
La sobriété énergétique est-elle obligatoire pour les petites entreprises ?
Aucune obligation légale directe ne s'impose aux TPE et PME. En revanche, le plan national contient 15 actions que les organisations patronales se sont engagées à proposer à toutes les entreprises (economie.gouv.fr).
Par où commencer concrètement dans une petite structure ?
Analyser ses factures pour identifier les postes les plus lourds, puis agir en priorité sur les températures, les veilles et l'éclairage. Le programme Baisse les Watts de l'ADEME propose des fiches pratiques gratuites par secteur d'activité.
Le télétravail est-il vraiment un levier de sobriété énergétique ?
Oui : il réduit la consommation des bâtiments et les émissions liées aux déplacements. Le plan national de sobriété le mentionne explicitement comme outil de réduction des consommations (economie.gouv.fr).
