Trois méthodes permettent d’estimer la valeur d’une entreprise : à partir du bilan, du résultat d’exploitation ou du chiffre d’affaires. L’article les applique à un même exemple, propose un calculateur pour les comparer et explique comment passer de la valeur au prix de cession.
📑 Sommaire
- Qu'est-ce que la valorisation d'une entreprise
- Les 3 méthodes de valorisation en un coup d'œil
- Exemple chiffré : une même entreprise, trois résultats
- Calculez la valeur de votre entreprise
- EBE ou EBITDA : quel multiple utiliser
- Valoriser un commerce : barèmes, stock et droit au bail
- Ce qui fait monter ou baisser la valeur
- De la valeur au prix de cession
- Se faire accompagner pour valoriser et transmettre
- Questions fréquentes
Qu'est-ce que la valorisation d'une entreprise
La valorisation d'une entreprise consiste à estimer sa valeur marchande à un moment donné, à partir de ses comptes, de ses actifs et de sa capacité à dégager des bénéfices. Elle sert de base à la négociation avec le repreneur, mais elle ne fixe pas le prix : celui-ci se décide lors de la cession.
Trois notions sont souvent confondues :
- La valeur : une estimation technique, qui varie selon la méthode utilisée
- Le prix de cession : le montant convenu avec le repreneur, supérieur ou inférieur à la valeur estimée
- La valeur vénale : la valeur de marché que retient l'administration fiscale, par exemple pour une donation
La valorisation sert surtout avant une vente, mais aussi pour un apport, une donation ou l'entrée d'un associé. Pour les étapes juridiques de la vente, lisez notre article sur céder son entreprise : les démarches.
Les 3 méthodes de valorisation en un coup d'œil
Trois approches couvrent la plupart des cas : la méthode patrimoniale part du bilan, la méthode de rentabilité applique un multiple à l'EBE, et la méthode comparative utilise des barèmes ou des cessions similaires, souvent en pourcentage du chiffre d'affaires. Aucune ne suffit seule : on compare leurs résultats.
1. Patrimoniale
Principe
Actif net : biens et droits moins dettes, d'après les bilans des derniers exercices
Quand elle convient
Entreprise riche en biens (immobilier, matériel, stocks)
Limite
Ignore la rentabilité, la clientèle et le savoir-faire
2. Rentabilité (EBE)
Principe
EBE moyen multiplié par un coefficient fixé selon l'activité et les risques
Quand elle convient
Entreprise dont la valeur vient surtout de ses bénéfices
Limite
Le choix du multiple pèse lourd ; fragile si les résultats sont irréguliers
3. Comparative (chiffre d'affaires)
Principe
Chiffre d'affaires multiplié par un coefficient issu de cessions comparables ou de barèmes
Quand elle convient
Commerce, artisanat, activités où des barèmes existent
Limite
Fourchettes larges, ne tient pas compte du bail ni de la rentabilité réelle
- Quand une cession très proche de la vôtre est connue, elle passe avant les multiples : le guide de l'administration fiscale place la comparaison en premier
- La méthode des flux de trésorerie actualisés (DCF) existe, mais elle vise surtout des entreprises structurées ou en forte croissance
- Les experts combinent plusieurs méthodes plutôt que d'en retenir une seule
Pour le cas particulier d'une PME, lisez aussi céder une PME.
Exemple chiffré : une même entreprise, trois résultats
Prenons un commerce de proximité fictif : 400 000 € de chiffre d'affaires, 60 000 € d'EBE moyen, 250 000 € de biens et droits et 110 000 € de dettes. Résultats : 140 000 € par la méthode patrimoniale, 180 000 à 300 000 € par l'EBE et 160 000 à 240 000 € par le chiffre d'affaires.
Patrimoniale
Calcul
250 000 € de biens et droits − 110 000 € de dettes
Résultat
140 000 €
EBE (multiple de 3 à 5)
Calcul
60 000 € × 3, puis 60 000 € × 5
Résultat
180 000 à 300 000 €
Chiffre d'affaires (40 à 60 %)
Calcul
400 000 € × 40 %, puis 400 000 € × 60 %
Résultat
160 000 à 240 000 €
Les deux méthodes de marché se recoupent entre 180 000 et 240 000 € : c'est une zone de départ pour la négociation. La valeur patrimoniale sert de repère bas. Les multiples et les taux de cet exemple sont fictifs : à adapter à votre secteur. Les résultats diffèrent parce que :
- La méthode patrimoniale ignore ce que l'entreprise rapporte
- La méthode de l'EBE dépend du multiple choisi et de la rémunération du dirigeant
- La méthode du chiffre d'affaires ne regarde pas la rentabilité réelle
Si votre entreprise est une SARL, vous vendez en réalité des parts sociales : voir vendre une SARL.
Calculez la valeur de votre entreprise
Ce calculateur applique les trois méthodes à vos propres chiffres. Renseignez une, deux ou trois méthodes : les résultats s'affichent au fur et à mesure, sans enregistrement de vos données. Il donne un ordre de grandeur à faire valider, pas une valorisation officielle.
Estimez la valeur de votre entreprise
Renseignez une, deux ou trois méthodes : les résultats s'affichent au fur et à mesure. Les calculs se font dans votre navigateur, aucune donnée n'est enregistrée.
1. À partir du bilan
Locaux, matériel, stocks, trésorerie, créances, moins emprunts et dettes.
2. À partir de l'EBE
EBE après retraitements. Le multiple dépend de votre secteur.
3. À partir du chiffre d'affaires
Fourchette en % du chiffre d'affaires, issue d'un barème de votre activité.
- La valeur patrimoniale sert de repère bas : elle ignore la rentabilité
- Les méthodes EBE et chiffre d'affaires reflètent le marché : quand leurs fourchettes se recoupent, vous tenez une zone de départ plus crédible
- Un écart important est un signal : cherchez-le dans les retraitements, le bail ou la dépendance au dirigeant
EBE ou EBITDA : quel multiple utiliser
L'EBE est l'agrégat comptable français : il se lit dans les comptes annuels. L'EBITDA est un agrégat voisin, non normé, que l'évaluateur reconstitue. Les deux ne sont pas interchangeables : un multiple d'EBITDA ne s'applique pas à un EBE comptable. Choisissez un multiple construit sur le même agrégat que celui que vous valorisez.
- EBE : excédent brut d'exploitation, un agrégat comptable normé qui se lit dans les comptes annuels
- EBITDA : agrégat non normé, calculé à partir du résultat avant intérêts et impôts, auquel on ajoute les amortissements et provisions
- Retraitements : dans les deux cas, corrigez la rémunération du dirigeant et les charges exceptionnelles avant d'appliquer un multiple
Valoriser un commerce : barèmes, stock et droit au bail
Pour un commerce de détail, le fonds de commerce se valorise par comparaison avec des cessions similaires ou avec des barèmes professionnels, qui donnent une fourchette de coefficients appliquée au chiffre d'affaires. Le stock n'est généralement pas compris dans la valeur du fonds, et le droit au bail peut en constituer un plancher.
- Le fonds comprend en général le matériel, les agencements et les installations nécessaires à l'exploitation
- Le stock et les marchandises ne sont généralement pas compris dans la valeur du fonds : ils font l'objet d'une évaluation distincte
- Quand l'emplacement est primordial, le droit au bail constitue en général un plancher : le fonds vaut rarement moins
Pour aller plus loin sur ce cas, consultez vente ou valorisation de votre commerce.
Ce qui fait monter ou baisser la valeur
La valeur d'une entreprise dépend autant de sa transmissibilité que de ses chiffres. Un repreneur paie davantage pour des résultats réguliers, une clientèle diversifiée et une organisation qui fonctionne sans le dirigeant. Il paie moins quand l'activité repose sur une seule personne, un seul client ou des équipements vieillissants.
Ce qui fait monter la valeur :
- Des résultats réguliers sur les 3 à 5 derniers exercices
- Une clientèle diversifiée et un chiffre d'affaires récurrent
- Une organisation structurée et un savoir-faire formalisé
- Un emplacement attractif
Ce qui la fait baisser :
- Une forte dépendance à un client, à un fournisseur ou au dirigeant
- Des équipements vieillissants qui exigent des investissements
- Des résultats en baisse régulière
Corriger ces points demande en moyenne un à deux ans : plus vous anticipez, plus vous gagnez de marge de manœuvre. Retrouvez nos solutions pour transmettre votre entreprise.
De la valeur au prix de cession
La valeur estimée est une base de négociation, pas un prix. Le prix de cession tient compte de plusieurs éléments : les résultats des différentes méthodes, les prix du marché pour des entreprises comparables, les investissements que le repreneur devra réaliser et les conditions de la cession, comme les modalités de paiement ou les garanties.
- Les résultats obtenus avec les différentes méthodes
- Les prix pratiqués pour des entreprises comparables
- Les perspectives de développement et les investissements du repreneur
- Les conditions de la cession : modalités de paiement, reprise des dettes, garanties, accompagnement du cédant
Le prix final peut être supérieur ou inférieur à la valeur estimée. Faire valider la valorisation et les conditions de cession par un expert-comptable, un notaire ou un avocat est utile quand les enjeux financiers, patrimoniaux ou juridiques sont importants.
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Se faire accompagner pour valoriser et transmettre
Un expert-comptable, un notaire ou un avocat peut valider la valorisation. La CCIAMP accompagne aussi les cédants, de la préparation de la transmission jusqu'à la rencontre avec des repreneurs ciblés. Voici les solutions disponibles sur le territoire Aix-Marseille-Provence, toutes menées avec des conseillers experts de la CCIAMP.
- Un accompagnement par un expert : le dispositif MPE propose un accompagnement individuel et confidentiel sur 12 ou 24 mois, financé à 100 %, avec un conseiller-expert de la CCIAMP
- De la visibilité : une communication ciblée de votre entreprise à reprendre, avec des annonces et des vidéos sur un réseau ciblé
- Le Business Transfer Forum : le salon annuel régional dédié à la transmission et à la reprise, avec des pitchs d'entreprises à reprendre
Questions fréquentes sur la valorisation d'entreprise
Comment calculer la valeur d'une entreprise pour la vendre ?
Appliquez au moins deux méthodes à vos comptes : la valeur patrimoniale (biens moins dettes), puis un multiple de l'EBE ou un coefficient du chiffre d'affaires selon votre activité. Comparez les résultats sans en faire la moyenne, puis faites valider la fourchette par un professionnel avant de fixer votre prix.
Quelles sont les 3 méthodes de valorisation d'une entreprise ?
Les trois méthodes les plus courantes sont la méthode patrimoniale, qui part de l'actif net, la méthode de rentabilité, qui valorise les bénéfices, par exemple à partir de l'EBE, et la méthode comparative, qui s'appuie sur des cessions ou des barèmes similaires. Les experts les combinent plutôt que de n'en retenir qu'une.
Qui peut estimer la valeur d'une entreprise ?
Un expert-comptable, un notaire, un avocat ou un conseiller spécialisé en transmission, comme ceux de la CCIAMP, peuvent estimer la valeur d'une entreprise. Plus les enjeux financiers, patrimoniaux ou juridiques sont importants, plus il est utile de faire valider la valorisation par un professionnel neutre.
Combien coûte une valorisation d'entreprise ?
Le coût dépend du professionnel, de la taille de l'entreprise et de la complexité de la mission : des outils en ligne proposent des estimations simples, tandis qu'une mission d'expert est chiffrée sur devis. Demandez toujours ce que comprend le rapport, notamment la méthode retenue et les retraitements effectués.
Comment trouver un repreneur une fois l'entreprise valorisée ?
Une fois la valeur estimée, vous pouvez chercher un repreneur grâce à des annonces ciblées, des événements dédiés ou une sélection de candidats adaptés à votre entreprise. La CCIAMP propose une recherche hyper ciblée de repreneurs, appuyée par l'expertise de ses conseillers et par une visibilité sur un réseau ciblé.
Sources :
https://entreprendre.service-public.gouv.fr/vosdroits/F35967
