> Dissolution, liquidation et radiation d'entreprise - Quelles différences ?
Skip to main navigation Skip to main navigation Aller au contenu principal Skip to breadcrumb Skip to footer
1er accélérateur des 146 000 entreprises de la Métropole

Dissolution, liquidation et radiation : quelles différences pour fermer son entreprise ?

Dissolution, liquidation et radiation sont trois étapes successives obligatoires pour fermer une société : décision d'arrêt, règlement des dettes, suppression des registres. Pour une entreprise individuelle, une simple déclaration de cessation d'activité sur le guichet unique suffit à déclencher la radiation.

📑 Sommaire

 

Dissolution, liquidation, radiation : trois étapes distinctes

La fermeture d'une entreprise ne s'improvise pas. Elle suit un ordre précis et chaque étape a un objet différent :

 

  • La dissolution marque la fin de la société en tant qu’entité en activité et ouvre la phase de liquidation
  • La liquidation est l'opération qui consiste à vendre les actifs de la société pour régler ses dettes. Elle fait suite à la dissolution
  • La radiation est l'acte administratif final qui supprime la société du registre officiel. Elle marque la disparition juridique définitive de l'entreprise

 

Une société dissoute conserve sa personnalité morale pour les besoins de la liquidation, jusqu’à la clôture de celle-ci. Ce n'est qu'après la radiation qu'elle cesse officiellement d'exister.

 

La dissolution : première étape obligatoire

La dissolution est la décision formelle de mettre fin à l'existence d'une société. Elle peut intervenir pour plusieurs raisons (article 1844-7 du Code civil) :

 

  • Décision volontaire des associés : ils souhaitent arrêter l'activité, par choix ou en cas de mésentente
  • Dissolution judiciaire : prononcée par un tribunal à la demande d'un associé ou en cas de liquidation judiciaire
  • Dissolution automatique : expiration de la durée prévue aux statuts, réalisation de l'objet social, réunion de toutes les parts entre les mains d'un seul associé

 

Dans le cas d'une dissolution volontaire, les associés se réunissent en assemblée générale extraordinaire (AGE) pour voter la dissolution et nommer le liquidateur. Un procès-verbal de dissolution est rédigé. Après la décision de dissolution, les formalités de publicité et d’inscription modificative doivent être accomplies sans délai excessif via le guichet unique.

 

Il est important de noter que la dissolution entraîne des conséquences sur les contrats en cours de la société. Notre article sur les contrats en cours lors d'une cession ou fermeture d'entreprise détaille les règles applicables selon la nature des engagements.

 

La liquidation : amiable ou judiciaire

La liquidation est l'étape qui suit la dissolution. Elle consiste à transformer les actifs de la société en liquidités pour régler les dettes. Il en existe deux formes aux logiques très différentes.

 

La liquidation amiable intervient lorsque la société est solvable, c'est-à-dire qu'elle n'est pas en état de cessation des paiements. Les associés nomment eux-mêmes un liquidateur (souvent le dirigeant) qui procède à l'inventaire des actifs et des dettes, vend les actifs, règle les créanciers et, s'il reste un solde positif après paiement de toutes les dettes, le répartit entre les associés sous forme de boni de liquidation. Si les actifs sont insuffisants, le mali de liquidation est supporté selon les règles propres à la forme sociale, notamment dans la limite des apports pour la plupart des sociétés à responsabilité limitée.

 

La liquidation judiciaire intervient lorsque la société est en état de cessation des paiements et que son redressement est manifestement impossible. Le dirigeant doit déclarer l’état de cessation des paiements auprès du tribunal compétent dans le délai légal. Les juges examinent la situation et, si ni une procédure de sauvegarde ni un redressement judiciaire n'est envisageable, prononcent la liquidation judiciaire. Un liquidateur judiciaire est alors désigné par le tribunal pour réaliser les actifs et répartir le produit de la liquidation entre les créanciers selon l’ordre légal de priorité.

 

Pour les entreprises qui se trouvent en difficulté mais dont le redressement reste possible, des procédures alternatives existent. Notre page prévenir et anticiper les difficultés d'entreprise présente les dispositifs disponibles avant d'en arriver à la liquidation. Dans les cas où la cession reste possible malgré une procédure collective, notre article sur la cession d'entreprise en redressement judiciaire détaille les conditions et les étapes.

 

La radiation : fin définitive de l'existence juridique

La radiation est la dernière formalité du processus de fermeture. Elle consiste à radier la société du registre du commerce et des sociétés (RCS). La radiation marque en principe la fin de son existence juridique, sous réserve des effets qui peuvent subsister à l’égard des tiers. À l'issue de la radiation, le greffe du tribunal de commerce publie une annonce au Bulletin Officiel des Annonces Civiles et Commerciales (BODACC) et délivre un extrait Kbis définitif portant la mention "Société radiée".

 

La demande de radiation doit être déposée par le liquidateur dans le mois suivant la clôture des opérations de liquidation. Le dossier comprend notamment :

  • L'acte constatant la clôture des opérations de liquidation
  • Les comptes de clôture certifiés conformes
  • L'attestation de parution de l'avis de liquidation dans un journal d'annonces légales

 

À noter : si la radiation n'est pas demandée dans les délais, le greffier peut procéder à une radiation d'office trois ans après la mention de la dissolution. Cette radiation d’office constitue une mesure administrative de régularisation ou de mise à jour du registre ; elle ne dispense pas des formalités de dissolution et de liquidation lorsqu’elles sont nécessaires. Elle n'entraîne pas la fermeture de la société et ne dispense pas d'effectuer les formalités de dissolution-liquidation.

 

Pour les démarches pratiques de radiation, la CCIAMP propose un accompagnement complet via sa page dédiée à la fermeture et radiation d'entreprise.

 

Spécificités pour l'entreprise individuelle

Pour une entreprise individuelle, le processus de fermeture est plus simple que pour une société, car il n'y a pas d'associés ni de personnalité morale distincte de celle de l'entrepreneur.

 

La procédure se déroule ainsi :

  • La cessation d'activité doit être déclarée sur le guichet unique dans les 30 jours suivant l'arrêt effectif de l'activité
  • La radiation intervient automatiquement après la déclaration de cessation d'activité. Il n'y a pas de phase de liquidation amiable au sens juridique du terme, car l’entreprise individuelle n’a pas de personnalité morale distincte de celle de l’entrepreneur.
  • La liquidation judiciaire reste possible si l'entrepreneur individuel est en état de cessation des paiements. Elle suit alors les mêmes règles que pour une société, avec la désignation d'un liquidateur judiciaire

 

Pour un micro-entrepreneur, l’absence prolongée de déclaration ou d’activité peut entraîner des mesures de radiation ou de cessation d’office selon les règles applicables.

 

Tableau récapitulatif des différences

ÉtapeObjetQui décide ?S'applique à
DissolutionDécision de mettre fin à l'activitéLes associés ou le tribunalSociétés uniquement
Liquidation amiableVente des actifs pour régler les dettesLe liquidateur nommé par les associésSociétés solvables
Liquidation judiciaireLiquidation forcée en cas d'insolvabilitéLe tribunal de commerceSociétés et EI en cessation des paiements
RadiationSuppression du registre officiel (RCS)Le liquidateur ou le greffeSociétés et EI
Cessation d'activité EIDéclaration d'arrêt sur le guichet uniqueL'entrepreneur individuelEI et micro-entrepreneurs

 

Alternatives à la fermeture définitive

Fermer son entreprise n'est pas toujours la seule option. Avant d'enclencher une procédure de dissolution, plusieurs alternatives méritent d'être envisagées :

 

  • La mise en sommeil permet d'interrompre temporairement l'activité sans fermer la société (2 ans maximum pour une société, 1 an pour une entreprise individuelle). Elle ne dispense pas des obligations déclaratives mais évite les frais et délais d'une dissolution-liquidation
  • La cession partielle permet de vendre une branche d'activité tout en poursuivant le reste. Notre article sur céder partiellement son entreprise détaille les modalités de cette option
  • La transmission de l'entreprise à un repreneur est souvent préférable à une liquidation : elle préserve l'emploi, le savoir-faire et peut générer un prix de cession pour le cédant

 

Questions fréquentes

Peut-on dissoudre une société sans la liquider ?

Non, en principe. La dissolution entraîne obligatoirement l'ouverture d'une phase de liquidation, même si la société ne possède plus d'actifs ni de dettes. La clôture des opérations de liquidation est décidée par les associés après approbation des comptes de liquidation, le cas échéant sur proposition du liquidateur.

 

Quel est le délai entre la dissolution et la radiation ?

La liquidation doit intervenir dans les 3 ans suivant la dissolution. Une fois le dossier de liquidation déposé sur le guichet unique, la radiation au registre national des entreprises intervient dans les jours qui suivent. Si la radiation n'est pas demandée, le greffier peut procéder à une radiation d'office 3 ans après la mention de la dissolution.

 

Une entreprise radiée peut-elle encore être poursuivie par ses créanciers ?

Oui. La radiation supprime l'existence juridique de la société, mais elle ne fait pas disparaître les dettes. Si une société radiée reste débitrice, ses créanciers peuvent toujours la poursuivre. C'est pourquoi il est essentiel que la phase de liquidation règle l'intégralité du passif avant de demander la radiation.

 

Quelle différence entre dissolution et cessation d'activité ?

La cessation d'activité désigne l'arrêt effectif de l'activité opérationnelle de l'entreprise. La dissolution est la procédure juridique qui formalise cet arrêt pour une société, avant d'enclencher la liquidation. Pour une entreprise individuelle, la cessation d'activité déclarée sur le guichet unique entraîne directement la radiation, sans phase de dissolution formelle.